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  • coralinepasset

(3/4) Piloter : comment faire parler les chiffres dans l'édition ?


Piloter c’est utiliser les données pour décider. Si ces données sont nombreuses, quand on parle data, on pense spontanément aux chiffres. Et dans le monde du livre, avec les chiffres, il y a deux écueils : 1/ les regarder tout le temps 2/ ne pas s’y intéresser. Dans les deux cas, c’est les subir. Quel manager, directeur éditorial, commercial ou directeur de maison d’édition n’a pas déjà regardé les chiffres bruts comme une boule de cristal, en espérant en tirer des réponses immédiates pour l’avenir ? A l’inverse, lequel ne s’est pas dit « ces chiffres de la concurrence sont mauvais, allons y quand même, mon concept est différent » ? Je suis tombée dans les deux travers. Mais une donnée brute, même chiffrée, n’a aucun sens hors contexte. Regardez, l’évolution du marché du livre en 2020. – 2,7% vs 2019 c’est bien ou pas ? Personnellement, je ne peux pas répondre. C’est bien par rapport à quoi ? Par rapport à la Grande Bretagne et l’Irlande ça semble faible, par rapport à l’an dernier ce n’est peut-être pas si mal, par rapport à ce que l’on aurait pu espérer en janvier c’est décevant, par rapport au mois d’avril, c’est inespéré. Pour faire des chiffres des outils efficaces, il faut les croiser en fonction des objectifs définis en amont, des plus stratégiques aux plus opérationnels : « Pour ma vue d’ensemble, qu-est-ce qui me permet de bien contextualiser la donnée ? » - évaluer une situation par rapport au budget ? - évaluer une situation par rapport à l’an dernier ? - évaluer une situation par rapport au marché et à la concurrence ? « Pour gérer l’activité quotidienne, dans quel sens je veux orienter mon action ? » - piloter les stocks ? - optimiser ma communication sur les points de ventes ? - augmenter les mises en place ? - augmenter l’écoulement ? D’où l’utilité, avant, de bien préparer production et commercialisation dans le temps pour communiquer intelligemment tout le long du processus avec les autres acteurs du livre. Si après préparation et échanges l’objectif évolue, l’ajustement est moins douloureux et plus rapide. Reste un défi de taille dans ce pilotage : lui donner le bon rythme. Alors même que chaque acteur a sa temporalité propre - l'auteur et l'éditeur étant pris dans la production et la commercialisation, le diffuseur, le distributeur et le libraire dans la commercialisation et ses programmes de nouveautés, il faut jongler simultanément avec trois types d'informations : prospection, mise en place et écoulement. Cela nécessite d'abord de disposer de la bonne information au bon moment. Il faut pour cela mettre en place des outils de pilotages efficaces, à même de fournir l'information souhaitée. Il faut aussi souvent agir sans avoir toute l'information souhaitée, accepter d'avoir des outils permettant une décision rapide et imparfaite mais garantissant des ajustements précis, sans précipitation. Comment selon moi ? Je vous en dis plus dans le quatrième et dernier outil pour maitrise son temps : le test.


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